• Reves

Les tendons sont enflammés. Peine à marcher. Rester sur place et marcher dans ma tête, dans mes mémoires confuses et dans mon coeur.

Le bébé se réveille d'une nuit tragique. Elle a senti dans son sommeil. Elle se réveille et balbutie "maman". Pas de pas. Pas de bras, en tous cas pas les siens ne viennent la bercer. 
Pas son sourire sur son berceau. Pas ....
Une autre, douce et désabusée, rappelée illico , tente d'adoucir, de dés-inquiéter
L'a-t-elle portée dans la maison ? Ont-elles déambulé dans les pièces de la maison ?
Sont-elles passées devant la chambre où se trouvait déjà le cercueil ouvert avec l'eau sablonneuse qui sortait de la bouche de la mère ?
Qui sait ?
Où suis-je dans les cellules ? Je sens un précipice, un " au secours", un " au secours, je n'arrive plus à marcher".
La "vieille dame" en moi parle à la petite, toute petite fille en moi aussi.
La vieille dame caresse la joue du bébé, lui dit avec les yeux, lui dit avec tendresse, lui dit sans mots.
La prend dans ses bras. Lui raconte le printemps, les lézards qui se réveillent et Jazzybelle qui leur court après le long du mur en pierre.
Les papillons jaunes se confondent dans les forsythias en fleurs, les anémones hépatiques tentent de se frayer un chemin vers la lumière à travers les feuilles mortes dans la forêt.
L'équinoxe est passée, de peu.
Venus arrive bientôt sur l'ascendant. Fragment de sortie de cave.
Les rires dans le jardin se laissent entendre à travers la fenêtre entr'ouverte.

23.3.23